À l’occasion d’une visite au Canada du chancelier allemand Olaf Scholz et du ministre fédéral de l’Économie et de la Protection du climat, le Dr Robert Habeck, la Transatlantic Business Initiative, le Conseil canadien des affaires, la Chambre de commerce du Canada et la Chambre canadienne allemande de l’industrie et du commerce réaffirment les priorités politiques partagées par les milieux d’affaires allemands et canadiens.

L’Allemagne et le Canada sont de proches partenaires économiques depuis de nombreuses années. En cette période d’incertitude, il importe plus que jamais que nos deux pays et l’Union européenne travaillent ensemble pour renforcer la coopération économique et politique et défendre nos valeurs communes. Le soutien aux institutions multilatérales et au commerce international fondé sur des règles doit rester au cœur de la politique économique et commerciale européenne et canadienne.

Nous sommes actuellement confrontés à plusieurs crises. La pandémie de COVID-19, qui entre dans sa troisième année, continue de poser de graves défis à la santé publique. La pandémie et la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine ont perturbé les chaînes d’approvisionnement internationales. Le conflit en Ukraine menace non seulement la paix et la stabilité en Europe, mais a déclenché une crise énergétique et pourrait encore provoquer une crise alimentaire mondiale. Toutefois, l’attitude belliqueuse de la Russie a favorisé la coopération internationale entre les pays partageant les mêmes idées à une échelle jamais vue depuis la fin de la guerre froide.

Les chefs d’entreprise d’Allemagne et du Canada sont prêts à collaborer pour aider à relever ces défis. À cette fin, nous appelons à une coopération plus étroite entre nos pays dans les domaines suivants :

  • Commerce et investissement : Lorsqu’il sera pleinement mis en œuvre, l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE renforcera l’intégration économique et apportera une plus grande certitude aux entreprises de part et d’autre de l’Atlantique. Il est donc d’autant plus important que l’AECG, avec son très important chapitre sur la protection des investissements, soit ratifié par tous les États membres de l’UE sans autre modification ni retard.
  • Énergie et climat : L’hydrogène et ses dérivés joueront un rôle essentiel dans les efforts de décarbonisation partout dans le monde. Bien que les marchés de l’hydrogène renouvelable et à faible teneur en carbone en soient encore à leurs débuts, une coopération accrue entre le Canada et l’Allemagne pourrait accélérer l’essor du marché de l’hydrogène dans les deux pays et soutenir le commerce international de l’hydrogène.
    • À court terme, l’Europe doit se sevrer de sa dépendance à l’égard de l’énergie russe et accroître ses importations de produits énergétiques, notamment de GNL, en provenance d’autres fournisseurs. Actuellement, l’offre mondiale de GNL est limitée, tout comme la capacité de l’Europe à en importer. En accélérant le déploiement des installations canadiennes d’exportation de GNL, le Canada peut contribuer à faire fonctionner l’industrie européenne et à garder les ménages au chaud.
    • Nous prévoyons qu’un jour, l’infrastructure pour les exportations de GNL sera convertie pour permettre les exportations d’hydrogène, par exemple sous forme d’ammoniac, ce qui aidera nos pays à atteindre leurs objectifs climatiques. En approfondissant et en élargissant leur partenariat en matière d’hydrogène, l’Allemagne et le Canada peuvent accélérer cette transition.
  • Minéraux critiques : L’Allemagne et l’UE cherchent à diversifier leurs approvisionnements en minéraux critiques et à mettre en place des chaînes d’approvisionnement résilientes et durables avec des partenaires de confiance et fiables. Le Canada est riche en ressources minérales et a tant à offrir. Le gouvernement du Canada s’est engagé à renforcer la capacité du Canada à chaque étape de la chaîne de valeur des minéraux critiques : exploration, exploitation minière, traitement, fabrication et fabrication avancée, et recyclage. Nous soutenons fermement ces efforts, en reconnaissant que les compétences et les services allemands et canadiens peuvent se compléter.

    Pour stimuler l’approvisionnement en minéraux critiques pour l’économie verte et numérique, il faudra :
    • une cartographie détaillée des projets potentiels d’exploration et de raffinage au Canada ou avec des investissements canadiens dans d’autres pays ;
    • une compréhension claire des voies de transport fiables et des cadres réglementaires ; et,
    • des instruments de financement et d’atténuation de risques de la part des gouvernements allemand et canadien.
  • Technologies habilitantes clés : Le monde connaît d’importantes pénuries de semi-conducteurs, avec de vastes répercussions pour les entreprises et les consommateurs. Des investissements publics et privés sont requis de toute urgence pour répondre à la demande actuelle et future. Pour ce faire, nous saluons les investissements du gouvernement du Canada dans la fabrication de la photonique et des semi-conducteurs, ainsi que ceux prévus dans le cadre du paquet législatif sur les semi-conducteurs.

    Les semi-conducteurs sont essentiels à la transition verte du monde et à un large éventail de technologies intelligentes et à haut rendement énergétique. Afin de soutenir cette transition, le Canada et l’UE devraient :
    • s’abstenir de toute tentative d’établir des chaînes de valeur fermées pour les semi-conducteurs dans leurs juridictions respectives, et favoriser plutôt la coopération en matière de semi-conducteurs ;
    • assurer l’égalité d’accès au marché et des conditions de concurrence qui assurent des règles du jeu équitables, ce qui profite aux entreprises tant au Canada qu’en Europe ; et,
    • promouvoir les efforts de normalisation internationale dans le domaine des semi-conducteurs.

Parallèlement, le Canada, l’Allemagne et l’UE devraient renforcer la coopération en matière de recherche dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique et d’autres technologies habilitantes clés.

En tant qu’organisations commerciales de part et d’autre de l’Atlantique, nous sommes conscients qu’une coopération internationale plus étroite rend nos économies plus fortes et contribue à une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens. Nous continuerons à soutenir et à défendre l’ordre international fondé sur des règles tout en nous efforçant de surmonter les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous nous réjouissons de travailler avec nos gouvernements respectifs dans la poursuite de ces objectifs.

À propos du Conseil canadien des affaires, de la Chambre de commerce du Canada, la Chambre canadienne allemande de l’industrie et du commerce et la Transatlantic Business Initiative

Fondé en 1976, le Conseil canadien des affaires est une organisation à but non lucratif et non partisane qui représente les chefs d’entreprise de toutes les régions et de tous les secteurs du pays. Les entreprises membres du Conseil emploient 1,7 million de Canadiens, versent la plus grande part de l’impôt fédéral sur les sociétés et sont responsables de la grande majorité des exportations, du mécénat d’entreprise et de la recherche et du développement du secteur privé. Grâce aux partenariats de la chaîne d’approvisionnement, aux contrats de service et aux programmes de mentorat, les membres du Conseil soutiennent plusieurs centaines de milliers de petites entreprises et d’entrepreneurs dans des communautés de toutes tailles, dans toutes les régions du Canada.

La Chambre de commerce du Canada est le réseau d’affaires le plus important et le plus dynamique du Canada. Elle représente 450 chambres de commerce et plus de 200 000 entreprises de toutes tailles, de tous les secteurs de l’économie et de toutes les régions du pays pour créer les conditions de notre réussite collective.

La Chambre canadienne allemande de l’industrie et du commerce est une organisation à but non lucratif qui, depuis plus de 50 ans, soutient les entreprises allemandes et canadiennes dans presque tous les domaines du commerce international. Reconnue par le ministre fédéral de l’Économie et de la Protection du climat comme le représentant officiel du commerce, et le principal contact des entreprises canadiennes et allemandes qui souhaitent faire des affaires dans l’autre pays, elle offre des services, un réseau et une formation pour aider ces entreprises à prospérer.

La Transatlantic Business Initiative est le point de contact pour les questions de politique économique, notamment pour le gouvernement allemand et les gouvernements des États-Unis et du Canada ainsi que pour les institutions de l’UE. L’initiative est soutenue par quatre associations d’entreprises : la Federation of German Industries (BDI), l’Association of German Chambers of Industry and Commerce (DIHK), la Federation of German Wholesale, Foreign Trade and Services (BGA) et l’ Association of German Banks (BdB).