Lettre à l’honorable Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario

Date : 18 juin 2014

Type de publication : Lettres

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Publications en archives : Lettres

L’honorable Kathleen Wynne, députée provinciale
Première ministre
Gouvernement de l’Ontario
Queen’s Park
Édifice de l’Assemblée législative, bureau 281
Toronto (Ontario)
M7A 1A1

 

Madame la Première ministre,

Au nom du Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE), je tiens à vous féliciter pour votre victoire lors de la récente élection provinciale.

Vous avez su diriger de manière habile le gouvernement libéral minoritaire. Comme vous bénéficiez désormais d’une majorité décisive qui vous permettra de mettre en œuvre la plateforme de votre parti, il importe que certaines actions essentielles ne soient plus reportées si l’on veut assurer la santé financière à long terme de l’Ontario.

Il y a trois ans, j’ai recommandé au ministre ontarien des Finances de l’époque d’établir des objectifs rigoureux afin de réduire la dette de 237 milliards de dollars de la province. Depuis, la dette nette a augmenté de plus de 30 milliards et on prévoit qu’elle atteindra 305 milliards d’ici 2015-2016. La faute n’est pas imputable à un seul gouvernement ou à un seul parti; en effet, l’Ontario n’a eu que six budgets excédentaires au cours des 20 dernières années. Il n’en demeure pas moins que la situation actuelle ne peut plus durer et qu’elle rend la province vulnérable à tout nouveau ralentissement économique.

L’an prochain, on prévoit que la dette nette de l’Ontario représentera 41 pour cent du PIB de la province, soit plus de 50 pour cent de plus qu’avant la dernière récession. Même si l’on peut compter sur des taux d’intérêt historiquement faibles, le service de la dette tend maintenant vers les 11 milliards de dollars par an, et tout abaissement de la notation de la dette de l’Ontario augmenterait encore davantage les coûts d’emprunt.

Selon nous, la chose la plus importante que vous puissiez faire pour préserver l’avenir de l’Ontario est de tenir votre engagement pour enrayer le déficit d’ici 2017-2018.

Heureusement, le rapport 2012 de la Commission de la réforme des services publics de l’Ontario offre plusieurs propositions pertinentes et non encore mises en œuvre afin d’améliorer l’efficacité de la prestation des services publics. C’est pourquoi nous vous recommandons fortement de faire vôtre le calendrier de réforme financière de ce rapport. Don Drummond, président de la Commission, a d’ailleurs affirmé lui-même à ce sujet : « Il faut prendre des mesures fermes et décisives pour quitter ce terrain glissant qui ne peut mener qu’à la catastrophe. »

S’attaquer à un déficit n’est jamais chose facile, comme j’en ai fait l’expérience durant mon passage dans l’administration publique. Il est essentiel de fixer des objectifs clairs et de s’y tenir en s’assurant que tous les ministères et autres organismes gouvernementaux soient soumis à un contrôle rigoureux de leurs dépenses et à des examens réguliers. Pour répondre aux besoins nouveaux et croissants dans des domaines comme la santé et l’éducation, votre gouvernement doit être prêt à faire des choix difficiles et à mettre fin aux programmes qui ne fonctionnent pas ou qui ont dépassé leur durée de vie utile. Les services qui peuvent être fournis efficacement par le secteur privé ou en partenariat avec celui-ci doivent lui être confiés.

Vous avez cependant besoin, parallèlement, d’une stratégie de croissance. Le Fonds pour l’emploi et la prospérité, que vous prévoyez d’instituer, améliorera la capacité de l’Ontario d’attirer d’importants investissements commerciaux. L’intensification des efforts en vue de réduire le fardeau réglementaire de la province et un engagement indéfectible en faveur de taux d’imposition concurrentiels pour les sociétés seront de nature à positionner la province en tant que pôle d’attraction pour la croissance du secteur privé et la création d’emplois.

Madame la Première ministre, durant les derniers mois, vous avez souvent parlé d’un autre défi important : la nécessité d’encourager les Canadiens à économiser davantage en prévision de leur retraite. Votre plan visant à présenter une loi autorisant des régimes de pension agréés collectifs représente une mesure importante en ce sens. Je vous exhorte toutefois à procéder à une consultation élargie auprès des Ontariens et d’autres intervenants avant de passer à un régime de retraite obligatoire distinct pour la province de l’Ontario. Les travailleurs et autres citoyens ont déjà accès à un large éventail d’outils d’épargne et de retraite, dont le Régime de pensions du Canada, les régimes de retraite pris en charge par l’employeur, les régimes enregistrés d’épargne-retraite et les comptes d’épargne libres d’impôt. Si l’on tient compte du fait que les actions entreprises maintenant ne profiteront pas aux personnes retraitées durant plusieurs décennies à venir, il est somme toute logique de continuer de viser une solution nationale qui soit adaptée à tous les Canadiens plutôt qu’une mosaïque de régimes provinciaux nouveaux et potentiellement coûteux.

Pour terminer, Madame la Première ministre, je tiens à vous assurer que les dirigeants d’entreprises du Canada partagent votre objectif d’une économie saine et prospère qui offre davantage de possibilités à tous les citoyens. Je vous remercie de servir la province et de vous engager en faveur d’un meilleur avenir pour l’Ontario.

Veuillez agréer, Madame la Première ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

 

L’honorable John Manley, C.P., O.C.
Président et chef de la direction
Conseil canadien des chefs d’entreprise

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